D'après Paul Zumthor (Essai de poétique médiévale, Seuil, 2000), le terme est fréquent dès l'époque médiévale en ancien français, et il renvoyait au retour fréquent d'une coupure (comme l'indique son étymologie de "brisure") plutôt qu'à la répétition de mots.
Puis, par extension, à l'époque médiévale, refrain pouvait désigner toute chanson comme pour nous le mot ritournelle.
Pour l'époque médiévale, on peut distinguer deux sortes de refrains :
- ceux qui sont constitués des mêmes vers se répètant entre les strophes : on appelle ce type de chanson les chansons à refrains
- ceux qui sont différents à chaque fois entre les strophes. On appelle ce type-ci les chansons avec des refrains
Un même refrain se retrouvait fréquemment dans plusieurs chansons ou bien dans des rondeaux, ballades, motets et autres formes de chants. On les appelle les refrains-citations.
Selon Paul Zumthor (op.cit.), l'usage du refrain brise le déroulement de la chanson et y introduit un facteur supplémentaire de rythme ; c'est une rupture à la fois :
- mélodique ;
- syntaxique,souvent ;
- lexicale, quand le refrain se limite à un mot ou groupe de mots, voire une onomatopée ;
- stylistique, plus rarement, si le refrain reproduit ou imite un adage, un proverbe ;
- de registre, parfois.
La vogue de toutes les formes de chant à refrain est caractéristique du XIIIe siècle. Elle se prolongera jusqu'au XVe siècle. C'est pourquoi les poètes de cette époque remettent à l'honneur les types de poèmes liés à l'origine à la danse ou bien à l'alternance entre soliste et choeur : celle-ci repose sur l'opposition de rythme entre couplet (au texte variant à chaque fois) et le refrain (dont le texte revient). La principale nouveauté est à cette époque le rondeau. On compte aussi le virelai, la "ballette" ou ballade comme forme à refrain.
Dans la poésie plus contemporaine, le refrain est utilisé, comme dans l'Invitation
au voyage de Charles Baudelaire et ses deux vers très connus :
Là tout n'est qu'ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.