Le dit se développe d'abord à partir du milieu du XIIIe siècle sous la forme de sermons en vers dans lesquels sont passées en revue toutes les catégories sociales pour en dénoncer les différents vices. Puis, ces critiques deviennent plus personnelles en s'enracinant dans l'expérience et le point de vue particulier du poète. Pour ce type de dit, on peut citer des auteurs tels que :
- Helinand de Froidmont avec Les Vers de la Mort composés vers 1195, auteur qui aurait par ailleurs inventé la strophe de 12 octosyllabes AAB AAB BBA BBA ;
- Jean Bodel ;
- Baude Fastoul.
On peut aussi citer Rutebœuf (né en 1250, mort en 1280) qui incarne ce passage d'une poésie lyrique à une poésie récitée exprimant des sentiments revendiqués comme personnels. Les dits de Rutebœuf sont des caricatures du moi et du monde, des confidences sans fard. Il utilise la forme du "tercet coué". Sa volonté est d'afficher une sincérité totale contrairement à la poésie courtoise (ou fin'amor) qui est plus abstraite et qui utilise des règles formelles plus rigides.